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ZIRYAB

d'après Jesùs Greus

LE SPECTACLE

CREATION 2017

L’HISTOIRE

En 711, les Arabes franchissent le détroit de Gibraltar et conquièrent la péninsule ibérique. Cette Espagne musulmane durera sept siècles et prendra le nom d’ Al-Andalus. Les trois religions du livre, musulmane, juive et chrétienne, vont y cohabiter dans une tolérance unique pour l’époque. Elle va donner naissance à une civilisation sans égale qui, par sa science, sa culture, sa philosophie et ses arts, va illuminer et faire progresser l’ Europe médiévale. Nous en sommes aujourd’hui les héritiers. Cette mosaïque de peuples et de religions va attirer et voir naître un grand nombre d’hommes et de femmes illustres. L’histoire commence à Bagdad en 808 et nous raconte le fabuleux périple du musicien irakien Abu el-Hassan Ali ben Nafi surnommé Ziryab. Poète, géographe, esprit universel prêchant un raffinement qui touchait toutes les sphères de la vie sociale. Ziryab est accueilli à Cordoue par l’émir Abd ar-Rahman II et deviendra l’un des plus grands musiciens arabes de tous les temps.

« Quatorze années durant, il vécut au Caire, traversa les déserts d’Egypte et de Libye, longea les rives de la Méditerranée, tenta vainement sa chance à la cour de Kairouan. Il menait la vie errante des musiciens sans fortune et des poètes mercenaires. Mais où qu’il allât, la gloire croissante de son nom le précédait, et ceux qui l’écoutaient ne pouvaient plus jamais oublier le timbre de sa voix »

Al-Andalus, est le terme qui désigne l’ensemble des territoires de la péninsule ibérique qui furent sous domination musulmane de 711 à 1492. La conquête et la domination du pays par les Maures furent aussi rapides qu’imprévues et correspondirent à l’essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l’Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel. En 822 Abd ar-Rahman II devient le quatrième émir Omeyade de Cordoue. Son père lui laisse un état pacifié dont il hérite à l’âge de trente ans. Mécène et protecteur des arts et des lettres, il est considéré comme le chef d’état musulman le plus cultivé de son temps. Ces qualités conjuguées à la paix de l’émirat lui permettent de développer la civilisation andalouse, avec le poète et grand musicien Ziryab. Sa cour est la plus brillante d’Europe : elle y attire les savants et les poètes de l’Orient, et leur influence eu des répercussions à travers tout l’Occident.

« Un soir, enfin, ils aperçurent au loin Cordoue la cité des Omeyyades, labyrinthe opalescent, hérissé de minarets et de clochers sous un ciel violacé. Telle était Cordoue, la plus prestigieuse cité du continent européen, qui accueillait d’éminents savants de toutes disciplines, des guerriers illustres pour leurs expéditions en terres infidèles, des poètes comparables à ceux d’Orient, des médecins Juifs qui soignaient les rois et les princes Chrétiens, des étudiants venus d’horizons lointains en quête de savoir. Cordoue, la sans pareille, ivre de lumière et de bruit, née de l’accouplement de Rome et de l’Arabie. Ville des trois cultures, hérissée d’églises, de synagogues et de mosquées. Capitale d’un royaume musulman où l’austère mihrab tutoyait la croix et le candélabre à sept branches. Nouvelle perle de l’Islam dont les rues résonnaient de la plainte des muezzins et des carillons de la chrétienté. »

NOTE D’INTENTION PAR DANIEL SAN PEDRO

L’héritage Al-Andalus - El legado Andalusi

Ce n’est qu’à partir du début des années 90 que l’Espagne va reconnaître et mettre en valeur le fabuleux héritage laissé sur son territoire par sept siècles de domination arabe. Pourtant, nous trouvons ces traces au quotidien dans la langue, dans l’architecture bien sûr, mais aussi dans la cuisine, la musique, l’artisanat et dans de nombreuses coutumes espagnoles. A l’heure des intégrismes, cet héritage unique et menacé a été sauvé. Un pan de la culture musulmane a été réhabilité. Cette période a été marquée durant ces sept siècles par de nombreux conflits. Il ne s’agit pas de l’idéaliser. Il n’y a ni naïveté, ni nostalgie. Ce n’est pas un paradis perdu mais une période unique où les musulmans ont permis à chacune des trois religions, des trois communautés, de vivre ensemble tout en respectant leurs pratiques, leurs coutumes et leur donnant ainsi des responsabilités dans tous les domaines publics. J’ai toujours été très intéressé par ce pan de l’histoire de mon pays. En faisant des recherches sur Al-Andalus, j’ai découvert la biographie de Ziryab écrite par Jesus Greus, historien et artiste espagnol. Cette histoire vraie, écrite comme un conte des mille et une nuits, m’a immédiatement passionné. Je découvrais la vie d’un artiste incroyable, ayant vécu dans une période fascinante. Un artiste visionnaire, humaniste, un génie. Comment ne pas penser, en lisant la vie de Ziryab, à aujourd’hui ? Nous vivons actuellement en Europe une situation assez similaire à celle d’Al-Andalus. Nos sociétés sont issues de diverses communautés qui cohabitent et vivent en harmonie. Oui, en harmonie car même s’il y a des conflits, des difficultés à accepter les différences, les religions, les coutumes de chacun, malgré les attentats, les provocations, la monté des extrêmes et des intégrismes, nous arrivons à vivre ensemble. Je revendique l’héritage laissé par Ziryab et les siens. Il me paraît plus que jamais essentiel de raconter cette histoire aujourd’hui, de travailler avec des artistes marocains, de mélanger le Français, l’Arabe et l’ Espagnol.

Et cela pourrait bien commencer par : Il était une fois à Bagdad…

« - Chaque nouvel Andalou est un pas franchi vers un peuple qui vibrera peut-être un jour d’un seul et même sang. Je me demande si tant de veines peuvent constituer un bloc de marbre.
- Les sangs, Majesté, mettent des siècles à se mêler jusqu’à n’en former qu’un. De nombreux peuples forment celui d’Al-Andalus, et, dans dix siècles, il en sera peut-être encore ainsi, nul ne le sait. »

Durant plusieurs années, nous avons expérimenté avec Châteauvallon différentes propositions artistiques sur des publics et des territoires différents. Artiste associé à la scène nationale, j’ai vécu à travers ces expériences une très belle aventure humaine. Dès la création de la compagnie des Petits Champs que je codirige avec Clément Hervieu-Léger, les projets de la compagnie ont été régulièrement coproduits et accueillis par Châteauvallon. Je me réjouis aujourd’hui de donner une suite à ce « Ziryab », aidé et soutenu par ce lieu qui m’est cher. En effet, ce projet est né à Châteauvallon, à mon initiative, en octobre 2003 sous forme de lectures en appartement dans les quartiers de Toulon, dans les centres sociaux, les lycées... Suite à ma rencontre avec Géraldine Hédelin, directrice de la compagnie L’Aparté installée à Casablanca, et Rami Fijjaj, chef de projet de Wecasablanca, nous avons décidé de créer « Ziryab » à Casablanca. En accord avec Châteauvallon, j’ai immédiatement saisi cette opportunité pour faire évoluer ce projet. J’allais traverser à mon tour la Méditerranée, travailler avec des artistes marocains, faire entendre le Français, l’Arabe et l’Espagnol, aux sons de la musique Arabo-Andalouse inventée par Ziryab. La rencontre avec Fatym Layachi a été déterminante, outre le fait que c’est une grande comédienne, nous partageons les mêmes intérêts pour cette période d’Al Andalus, nous avons le même désir de faire entendre cette histoire au Maroc puis en France et en Espagne. Mhamed El Menjra, joueur de luth et de guitare flamenca au Maroc et à l’étranger a ouvert, comme Ziryab, une école de musique à Casablanca. Nous allons travailler sur le récit, comme une forme vivante, à deux voix et en musique. Les personnages ne sont pas incarnés mais engagés. La scénographie est pensée pour pouvoir s’adapter partout, sur des plateaux de théâtre, mais aussi dans d’autres lieux et en plein air, afin de favoriser une proximité avec le public. A chaque représentation il y aura un invité, chanteur/chanteuse, musicien/musicienne, comédien/comédienne. Un ensemble musical professionnel ou amateur. Les invités seront choisis en concertation avec le lieu d’accueil. L’intégration de l’invité se fera le jour de la représentation. J’ai la chance d’avoir une double culture, espagnole et française, d’être bilingue, d’avoir expérimenté, plusieurs fois, sur scène le mélange des langues, entre le Français et l’Espagnol et entre le Français et L’Amharique. J’aime confronter les langues. C’est une invitation aux voyages, à la poésie.

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Le dossier de présentation du spectacle :

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Compagnie des Petits Champs 1, route de Beaumont La Ville 27170 Beaumontel / N° de SIRET : 523 616 472 00016 / N° de licences : 2 – 104 06 00, 3 – 104 06 01